En 3e, ce n'est pas le mois de juin qui décide de l'année : c'est le mois de septembre. Voici ce qu'il faut faire les trois premières semaines, et surtout ce qu'il ne faut pas faire.
La 3e a une particularité que les autres classes du collège n'ont pas : elle se joue en contrôle continu autant qu'à l'examen. Les notes de septembre comptent dans le bulletin, le bulletin compte dans le dossier, et le dossier compte pour l'orientation. Un mois de retard en septembre ne se rattrape pas en mai.
Ce n'est pas une question de travail acharné dès la rentrée. C'est une question de ne pas prendre de retard au moment précis où tout le monde en prend, parce que l'été a effacé les automatismes et que personne ne les remet en place.
L'erreur classique de la première semaine, c'est de vouloir relire le programme de 4e. C'est long, décourageant, et inutile.
Ce qui compte, ce sont les gestes qu'on fait sans réfléchir : développer une expression, résoudre une équation du premier degré, appliquer Pythagore, accorder un participe passé. Dix minutes par jour sur ces gestes-là valent trois heures de relecture.
C'est la semaine la plus décisive, et celle que tout le monde saute. En deuxième semaine, les cours démarrent vraiment, et l'élève découvre qu'il a des devoirs tous les soirs.
La règle qui fonctionne le mieux, je la donne à tous mes élèves de 3e : on relit le cours du jour le jour même, pendant dix minutes, avant de faire les exercices. Pas après. Avant.
Pourquoi ça marche. Relire un cours le soir même, c'est quinze minutes de travail. Le relire trois jours plus tard, c'est trente minutes, parce qu'il faut d'abord se rappeler de quoi il parlait. Sur une année, l'écart se compte en dizaines d'heures.
Les premières évaluations tombent presque toujours entre la troisième et la quatrième semaine. Elles portent en général sur des chapitres de révision, donc sur des choses déjà vues en 4e.
C'est une chance et un piège. Une chance parce que le programme est connu. Un piège parce que l'élève sous-estime la préparation, croyant qu'il sait déjà, et découvre une note moyenne sur un contrôle facile. Le premier bulletin s'installe là, et il est difficile à corriger ensuite.
Le contrôle continu pèse pour une part importante de la note finale, et il se construit toute l'année, pas au troisième trimestre. Concrètement, une moyenne solide obtenue au premier trimestre allège énormément la pression de juin.
C'est la raison pour laquelle un élève qui vise une mention a intérêt à travailler sérieusement en septembre-octobre plutôt qu'à s'épuiser en mai.
Elle ne l'est pas. Un mauvais mois de septembre en 3e se rattrape entièrement, à condition d'identifier ce qui bloque avant les vacances de la Toussaint. Passé ce cap, le retard devient cumulatif, surtout en maths.
La bonne question n'est jamais « combien d'heures faut-il travailler ». C'est « qu'est-ce qui ne passe pas, exactement ». Un élève qui ne sait pas rédiger n'a pas le même problème qu'un élève qui a des lacunes de 4e.
Le Stage de Rentrée Sereine consacre un niveau entier à la 3e : dix sessions d'une heure (deux par jour) en visio, par groupes de quatre maximum, du 24 au 28 août.
Voir le stageProfesseure particulière depuis dix ans, du collège au lycée, en France, en Suisse et aux Émirats.